Ôde à Bruno Blanchet
Dimanche, debouts dès l'aurore, nous décidons de faire de cette journée une randonnée épique à Montréal avec les enfants. Les préparatifs de notre journée famille de rêve vont rondement. 7:39 tout est prêt pour le départ, même Binou s'est laissé faire pour mettre son habit de neige. Ce sera sans doute une journée bénie des dieux.
En chemin, à moins de 3 minutes de route c'est l'implosion.
En effet, l'intérieur de la voiture se voit tapissée de jets multiples de vomi gracieusement déjectés par notre Binou d'amour. Nous frôlons la mort par asphyxie tellement ça pue dans l'auto. Le cauchemar tourne à l'Apocalypse pour Doudoune qui, prisonnière de son banc d'auto, doit subir le spectacle en odorama de son frère.
Branle-bas de combat, comme si ce n'était pas assez de sentir cette odeur infecte, je m'en imprègne en collant Binou tout contre moi, leur coeur au bord des lèvres, n'arrivant même pas à contrôler mes spasmes(Sainte folle à lier, priez pour ne pas vomir sur votre fils itou!!!).
Après cette démonstration d'amour maternel, nous faisons demi-tour dans les hurlements d'inconfort de Binou, dans les cris de rage de Doudoune, dans les hauts-le-coeur des parents et dans une atmosphère putride sur quatre roues.
Voici donc l'horaire de notre journée de rêve:
Frottage de rêve du banc d'auto,
détachage de rêve du plancher de la voiture,
lavage de rêve de plusieurs brassées de vomi textile,
tournage en rond de rêve dans la maison,
perçage de tympan de rêve à l'écoute de Binou qui ne se supporte plus.
Youp -pi.
Aujourd'hui, je pense à mon garçon et ça me rappelle Bruno Blanchet
"Bi-noooou le bébé qui renvouououou..."
Lundi... à la poursuite d'une autre "journée de rêve"...
Seul le refrain changera légèrement pour :
"Bi-noooou le bébé qui chie mooooou..."
